La diplomation nous indique où le parcours étudiant aboutit. La réinscription nous permet d'observer s'il se poursuit.
Cette distinction peut sembler simple. Pourtant, elle change considérablement la façon d'analyser la réussite étudiante.
En 2024-2025, le taux global de réinscription au troisième trimestre d'études collégiales était de 85,7 %, pour la cohorte d'automne 2023 suivie jusqu'à l'automne 2024. C'est une progression de 3 points de pourcentage par rapport à la mesure de départ de 82,7 % en 2021-2022.
C'est une donnée encourageante. Mais derrière ce 85,7 %, une question demeure :
Que se passe-t-il pour les 14,3 % qui ne se réinscrivent pas?
Et surtout :
Où et quand les écarts apparaissent-ils?
La réinscription : une étape entre l'inscription et la diplomation
La réussite étudiante est rarement un événement unique. Elle ressemble davantage à une succession d'étapes :
Admission → Inscription → Réussite → Réinscription → Persévérance → Progression → Diplomation
La réinscription se situe donc à un endroit particulièrement intéressant du parcours. Elle permet d'observer si l'étudiant poursuit son cheminement d'une session à l'autre. Cela ne signifie évidemment pas que ne pas se réinscrire équivaut automatiquement à décrocher.
Un étudiant peut interrompre temporairement ses études, changer de programme ou poursuivre son parcours ailleurs. C'est précisément pourquoi la réinscription devient intéressante lorsqu'elle est analysée dans le temps et mise en relation avec d'autres données.
85,7 % : une bonne nouvelle… mais une moyenne ne suffit pas
Le taux global de 85,7 % constitue un résultat positif. Mais une moyenne institutionnelle peut cacher des écarts importants.
Par exemple :
Établissement : 85,7 %
→ Programme A : 91 %
→ Programme B : 87 %
→ Programme C : 78 %
Le résultat global reste 85,7 %.
Mais les enjeux institutionnels ne sont évidemment pas les mêmes dans chacun des programmes. C'est là qu'une analyse plus fine devient utile.
On peut alors se demander :
- Quels programmes affichent les taux de réinscription les plus élevés?
- Où observe-t-on les plus grands écarts?
- Les écarts sont-ils constants d'une cohorte à l'autre?
- À quelle session apparaissent-ils?
- Les étudiants qui ne se réinscrivent pas reviennent-ils ultérieurement?
- Existe-t-il un lien entre la réussite de la première session et la réinscription?
Le taux devient alors un point de départ, plutôt qu'une conclusion.
La première session peut déjà nous apprendre beaucoup
Une publication récente de l'Institut de la statistique du Québec apporte une donnée particulièrement intéressante. Parmi les jeunes ayant accédé aux études collégiales entre 17 et 19 ans, environ 35 % avaient échoué à au moins un cours lors de leur première session. Plus encore, environ 12 % n'étaient pas restés inscrits pendant trois sessions consécutives.
Mais cette proportion était beaucoup plus élevée chez les étudiants ayant échoué à au moins un cours à la première session : 28 %, comparativement à 3,8 % chez ceux qui avaient réussi tous leurs cours.
Il faut être prudent : ces données ne permettent pas de conclure qu'un échec entraîne automatiquement une non-réinscription. Elles montrent toutefois une association importante entre la réussite au début du parcours et la continuité des études. L'ISQ souligne d'ailleurs que le taux de réussite à la première session est un prédicteur connu de la persévérance et de l'obtention d'une sanction d'études collégiales.
C'est exactement le type de relation qu'une analyse institutionnelle peut permettre d'explorer.
Le bon indicateur n'est pas toujours celui que l'on regarde en premier
Lorsqu'on pense à la réussite, les indicateurs les plus visibles sont souvent :
- Diplomation
- Taux de réussite
- Moyenne
- Taux de décrochage
La réinscription est parfois moins spectaculaire. Pourtant, elle permet de regarder quelque chose de fondamental :
L'étudiant poursuit-il son parcours?
Et cette question peut être examinée à plusieurs niveaux.
→ Par cohorte : Une cohorte récente se comporte-t-elle différemment des précédentes?
→ Par programme : Certains programmes présentent-ils des taux de réinscription différents?
→ Par session : À quel moment les écarts apparaissent-ils?
→ Selon le cheminement : Les étudiants qui changent de programme présentent-ils des trajectoires différentes?
→ Dans le temps : Les étudiants qui ne se réinscrivent pas reviennent-ils éventuellement?
De la réinscription au parcours
C'est ici que l'analyse devient beaucoup plus intéressante qu'un simple tableau de bord. Prenons deux étudiants qui ne sont pas inscrits à la session suivante.
Étudiant A
Inscription
→ changement de programme
→ interruption
→ retour
Étudiant B
Inscription
→ aucune nouvelle inscription
→ non-réinscription
Le premier parcours n'est pas nécessairement un échec. Le deuxième peut signaler une sortie beaucoup plus définitive.
Le même indicateur peut donc correspondre à des réalités complètement différentes.
C'est pourquoi il faut pouvoir suivre les parcours dans le temps.
Et si l'on pouvait voir les changements de trajectoire?
Une plateforme analytique, telle que MyMetrix-Éducation, peut permettre de passer d'une vision statique à une vision dynamique :

C'est cette capacité à creuser progressivement dans les données qui transforme un indicateur en véritable outil d'analyse.
La réinscription n'est pas une fin. C'est un signal.
La hausse du taux global de réinscription au cours des dernières années est encourageante. Le ministère indique notamment que le PARES et les initiatives mises en place par les établissements pour favoriser la persévérance ont contribué à cette évolution.
Mais pour un établissement, le véritable enjeu n'est pas seulement de savoir si son taux augmente. C'est de comprendre :
→ où il augmente,
→ où il stagne,
→ où il diminue,
→ et pourquoi.
C'est là que l'analyse par cohorte, programme et parcours prend tout son sens.
Voir le signal. Comprendre le parcours.
Les établissements collégiaux disposent déjà de nombreuses données sur leurs étudiants. Le défi n'est pas nécessairement d'en produire davantage, il est de pouvoir les mettre en relation et les explorer sous différents angles. La réinscription peut alors devenir un point d'entrée vers une compréhension plus complète de la réussite :
Réinscription → Persévérance → Cheminement → Diplomation
Parce que la réussite ne commence pas au moment où l'étudiant obtient son diplôme mais qu'elle se construit à chaque étape du parcours. La plateforme MyMetrix-Éducation a été spécialement conçue pour répondre facilement à toutes ces questions et prendre des décisions proactives éclairées.
Sources
- Ministère de l'Enseignement supérieur, Rapport annuel de gestion 2024-2025 : taux global de réinscription au troisième trimestre de 85,7 % en 2024-2025, contre 82,7 % en 2021-2022.
Rapport annuel de gestion 2024-2025 du MES - Institut de la statistique du Québec, Entre parcours scolaire et contexte de vie : les facteurs associés à l'obtention d'une première sanction d'études collégiales : données sur la réussite à la première session et la non-réinscription pendant trois sessions consécutives.
Étude de l'ISQ sur la réussite collégiale - Gouvernement du Québec, Indicateurs de cheminements longitudinaux : données sur la réussite, la persévérance et l'obtention de diplômes en enseignement supérieur.
Indicateurs de cheminements longitudinaux