Skip to Content

Pourquoi analyser les cohortes au CÉGEP?

September 9, 2026 by
Pourquoi analyser  les cohortes au CÉGEP?
EXIA inc.

Imaginez qu'un établissement affiche un taux de réinscription de 85,7 %.

Le résultat semble clair. Mais que se passe-t-il lorsqu'on regarde derrière cette moyenne?

Le taux global de réinscription au troisième trimestre était effectivement de 85,7 % pour la cohorte d'automne 2023, selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur.

Mais ce résultat est une moyenne. Il ne nous dit pas nécessairement comment les différentes cohortes évoluent, ni à quel moment les écarts apparaissent.

C'est là que l'analyse par cohorte devient particulièrement intéressante.

Une cohorte, c'est une histoire que l'on peut suivre

Une cohorte regroupe des étudiants qui commencent leur parcours à un moment donné.

Plutôt que de comparer uniquement les résultats d'une année à l'autre, on peut alors suivre cette même cohorte dans le temps :

Admission → Inscription → Première session → Réinscription → Progression → Persévérance → Diplomation

Cette perspective permet de voir comment le parcours évolue, plutôt que de simplement comparer des résultats annuels.

Et cette distinction est importante.

Une moyenne peut masquer des écarts

Supposons qu'un établissement affiche un taux global de réinscription de 86 %.

Ce résultat pourrait cacher des situations très différentes :

  • une cohorte à 91 %;
  • une autre à 87 %;
  • une autre à 79 %;
  • certains programmes au-dessus de la moyenne;
  • certains programmes en dessous;
  • des écarts qui apparaissent dès la première session.

Le 86 % n'est pas faux. Il est simplement incomplet.

Pourquoi suivre plusieurs cohortes?

L'analyse de cohortes permet notamment de répondre à des questions comme :

  • Les résultats s'améliorent-ils? Une cohorte récente se comporte-t-elle mieux que les précédentes?
  • À quel moment les écarts apparaissent-ils? Dès la première session? Après la première année? Au moment de la réinscription?
  • Certains programmes évoluent-ils différemment? Un résultat institutionnel peut cacher des différences importantes entre les programmes.
  • Les mêmes tendances se répètent-elles? Lorsqu'un phénomène apparaît dans plusieurs cohortes successives, il devient particulièrement intéressant à analyser.
Le temps change la lecture des données

L'une des grandes forces de l'analyse par cohorte est justement de remettre les données dans leur contexte temporel.

Prenons la diplomation. Une statistique publiée pour une année donnée peut sembler représenter la situation actuelle.

Pourtant, les taux de diplomation sont souvent calculés à partir de cohortes qui ont commencé leurs études plusieurs années auparavant.

L'Institut de la statistique du Québec illustre bien cette réalité : pour les nouvelles cohortes de la formation préuniversitaire, le taux d'obtention d'une sanction augmente fortement lorsqu'on prolonge la période d'observation. Pour la cohorte de 2019, par exemple, le taux passe de 38 % après deux ans à 64 % après trois ans, puis à 72 % après quatre ans.

Autrement dit :

Le moment où l'on mesure un résultat influence ce que l'on comprend du parcours.

Une cohorte permet de poser de meilleures questions

Au lieu de demander seulement :

Quel est notre taux de diplomation?

On peut demander :

  • Quelle proportion de la cohorte s'est réinscrite après la première année?
  • À quel moment les étudiants commencent-ils à quitter leur parcours?
  • Quels programmes présentent les écarts les plus importants?
  • Les tendances observées se répètent-elles d'une cohorte à l'autre?
  • Combien d'étudiants obtiennent leur sanction après trois, quatre ou cinq ans?
  • Quels parcours mènent finalement à la diplomation?

Ce sont des questions beaucoup plus proches de la réalité des équipes qui doivent comprendre et agir.

La cohorte plutôt que la photo

C'est probablement la différence fondamentale entre un tableau de résultats et une véritable analyse.

Une photo nous montre où nous sommes. Une série de photos nous montre comment la situation évolue.

Une analyse par cohorte nous permet de suivre les mêmes étudiants à travers les différentes étapes de leur parcours.

Et c'est cette troisième perspective qui permet souvent de faire émerger les tendances les plus intéressantes.

Comparer sans perdre le contexte

L'analyse de cohortes ne signifie pas qu'il faut abandonner les indicateurs globaux. Au contraire, les deux niveaux sont complémentaires.

Vue institutionnelle

→ Où en sommes-nous?

Vue par programme

→ Où se situent les écarts?

Vue par cohorte

→ Comment les résultats évoluent-ils dans le temps?

Vue du parcours

→ Que s'est-il passé entre le début et le résultat final?

C'est en naviguant entre ces différents niveaux que les données deviennent réellement utiles.

Une question de plus que de données

Les établissements disposent déjà de nombreuses données sur leurs étudiants. Le défi n'est donc pas nécessairement d'ajouter encore plus d'indicateurs.

Le défi est de pouvoir relier les indicateurs entre eux et les regarder sous le bon angle.

Une cohorte permet justement de faire ce lien. Elle transforme une succession de résultats en une histoire :

  • D'où partent les étudiants?
  • Comment évoluent-ils?
  • Où les parcours bifurquent-ils?
  • Et lesquels mènent finalement à la réussite?
Comprendre les cohortes pour mieux comprendre la réussite

La réussite étudiante ne se produit pas à un moment précis. Elle se construit dans le temps. C'est pourquoi l'analyse de cohortes constitue un outil essentiel pour comprendre la persévérance, la réinscription, le cheminement et, ultimement, la diplomation. C'est ce que permet de réaliser la plateforme MyMetrix-Éducation qui a été spécifiquement conçue pour répondre facilement à toutes ces questions.


Sources

  • Ministère de l'Enseignement supérieur, Rapport annuel de gestion 2024-2025 — taux global de réinscription au troisième trimestre : 85,7 % pour la cohorte d'automne 2023.
  • Institut de la statistique du Québec, Obtention d'une sanction des études collégiales – Formation préuniversitaire, données mises à jour en septembre 2025.
  • Institut de la statistique du Québec, Réussite collégiale : des écarts liés à l'insécurité alimentaire et au rôle des parents, publiée le 17 février 2026.
in EXIA
Pourquoi analyser  les cohortes au CÉGEP?
EXIA inc. September 9, 2026
Share this post
Tags
Archive